UN ALBUM ENGAGE ET UNE THEMATIQUE VARIEE
Alioune est une artiste engagé et cela se ressent tout au long de son second et dernier album. Cet auteur compositeur a travaillé pendant plus d’une décennie pour arriver à ce résultat probant.
« Je dois dire que j’ai écrit 15 titres pour « ratisser » le plus large possible. Cet album m’a pratiquement pris 15 années de travail et de recherche. Je suis l’auteur de tous les textes et j’ai aussi été à la base de tous les arrangements. Il est évident qu’un tel travail ne pouvait pas se faire sans l’apport de personnes-ressources. Les chœurs ont été assurés par Mariama qui travaille aussi avec Daby. Elle est soutenue par une autre fille qui est membre d’un groupe du nom de Xel Fitt qui est basé à Grand Yoff, et je les félicite vivement pour la qualité du travail abattu. Djibril aussi a grandement contribué à la réussite de ce disque, c’est lui qui interprète les voix jazzy. Je n’oublie pas le percusionniste Foudou Sané et le guitariste Peuthio, qui travaillent tous deux avec Daby. Pour finir je citerai la guitariste Issa Kouyaté qui est membre à part entière de mon groupe », a précisé Alioune.
Le jeune musicien de la région naturelle de Casamance n’est pas à son coup d’essai, il a eu à sortir un premier album il y a moins d’une année. Comme il est perfectionniste et très rigoureux, il a décidé de changer de démarche dans le seul but de corriger des impairs et de repartir sur de nouvelles bases. Il a d’autant plus de mérite qu’il a entièrement pris en charge tous les frais liés à la réalisation de ce second album titré « It’s My Nation ».
« Je dois reconnaître que j’avais sorti un premier album, il y a moins d’une année. J’ai été confronté à quelques problèmes, parce que je travaillais avec d’autres personnes qui ne partageaient pas la même vision que moi. De guerre lasse, je me suis résolu à sortir ce second album que j’ai entièrement autoproduit. Le premier album s’appelait « One Way ». Quand je me suis rendu compte que mes partenaires ne partageaient pas les mêmes concepts, j’ai décidé de tout faire moi-même. J’ai utilisé mes propres fonds pour arriver à ce résultat. Ce ne fut pas facile. Je continue mon chemin en mettant un accent particulier sur la promotion. J’ai commencé par animer un concert à l’université Cheikh Anta Diop le 8 mai dernier. J’ai aussi fait un saut à Ziguinchor et à Kafountine. Ce qui est tout à fait normal et je me félicite de l’accueil de ces populations. J’ai du retourner à Kafountine avant d’embrayer sur la Gambie. Pour continuer sur cette lancée, je prévois d’organiser des concerts es 5, 12, 19 et 26 juillet courant, à travers les quartiers de Dakar », a affirmé Alioune.
Le leader de Black African Positive s’est aussi prononcé sur l’évolution du Reggae au Sénégal et sur les relations qu’il entretient avec ses autres collègues reggae men. A son avis la musique Reggae se porte bien au Sénégal. Il se dit très ouvert à toutes formes de collaboration car le Reggae est par essence une musique de partage. Pour finir, Alioune lance un appel pressant à tous ses compatriotes. Il est d’avis que les sénégalais doivent s’unir pour et travailler dans la discipline et le respect mutuel. En sa qualité de fils de la Casamance, il pense que les originaires de cette région doivent songer à retourner bâtir cette zone qui est considérée à juste titre comme le grenier du Sénégal. Ils doivent tous retourner investir et travailler sur place, car la région en a grandement besoin. La rébellion ne doit plus servir de prétexte car les choses vont beaucoup mieux et cet alibi est plutôt fallacieux.
En attendant d’aller à la conquête du monde, notre invité s'active sur une tournée nationale et essaie de fédérer du monde autour de sa musique. Le combat ne sera pas facile, mais Alioune en est conscient et cela ne lui fait pas peur ! Sa foi et son courage sont ses seules armes et il compte bien les utiliser pour atteindre ses nobles desseins. Pour finir, Alioune scrute l’horizon avec optimisme et lance à tous ses frères un lancinant cri d’amour ; ce qui est compréhensible pour un musicien ! Convaincus par son talent, nous lui souhaitons bonne route, tout en lui disant : « Big Up et One Love Brother » !
Par Mohamed Fadel LO
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